Comment composer un plateau de charcuterie corse (sans se tromper)
On connaît tous le plateau raté : trop de pièces qui se ressemblent, tranchées trop épais, sorties glacées du réfrigérateur. Quelles charcuteries choisir, en quelles quantités, dans quel ordre les goûter et avec quoi les accompagner : voici comment dresser une belle planche corse, vue du comptoir du Bistrot Napoléon, à Hyères.
Un beau plateau de charcuterie corse repose sur trois à cinq pièces bien contrastées : le lonzu maigre, la coppa fondante, le prisuttu puissant, complétés d’un saucisson et, à part, d’un figatelli à griller. Comptez 50 à 80 g par personne à l’apéritif, 80 à 120 g en entrée, 150 à 200 g en plat. On les goûte du plus doux au plus puissant, tranchés à l’épaisseur propre à chaque pièce, et surtout servis à température ambiante, jamais glacés. À côté : fromages de brebis, pain, confitures corses, olives et un verre de vin de l’île. Simple, lisible, généreux.
Les pièces incontournables d’un plateau corse
Avant de parler quantités ou dressage, il faut savoir qui l’on invite sur la planche. La charcuterie corse n’est pas un bloc uniforme : c’est une petite famille de pièces aux caractères tranchés, dont chacune raconte une partie du cochon et une manière de sécher. Un bon plateau, c’est d’abord un casting équilibré — du maigre, du gras, du puissant — plutôt qu’une accumulation. Trois piliers structurent l’ensemble : le lonzu, tiré du filet, la pièce la plus fine et la plus maigre ; la coppa, taillée dans l’échine, plus persillée et plus fondante ; et le prisuttu, le jambon sec longuement affiné, le plus corsé de tous.
À côté de ces trois-là, une pièce joue toujours en solo : le figatelli. Cette saucisse au foie, à peine séchée, ne se tranche pas froide comme les autres — elle se grille ou se poêle, et se sert chaude, souvent en début ou en marge du plateau. On ne la mange jamais crue. Nous lui avons consacré un carnet entier, si vous voulez creuser : qu’est-ce que le figatelli.
Restent les compléments, qui apportent le relief. La panzetta, poitrine roulée et poivrée, franchement grasse et parfumée. La salsiccia, saucisse sèche au grain rustique. Et bien sûr le saucisson de cochon nustrale, la valeur sûre qui met tout le monde d’accord. Inutile de tous les convoquer d’un coup : on choisit selon les convives et l’occasion. Pour un tour d’horizon complet des spécialités de l’île, notre page spécialités corses détaille chaque famille.

Coppa, lonzu, prisuttu : reconnaître chaque pièce
La question qui revient le plus au comptoir : quelle est la différence entre la coppa et le lonzu ? Elle tient au morceau. Le lonzu naît du filet, la partie la plus maigre du cochon : chair fine, droite, peu de gras, un goût net et poivré. La coppa, elle, vient de l’échine, un morceau naturellement persillé : ses marbrures de gras fondent en bouche, portent le parfum et donnent une sensation plus ronde, plus grasse, plus longue.
Le prisuttu joue dans une autre catégorie : c’est le jambon sec de l’île, affiné de longs mois — parfois plus d’un an —, à la chair dense et au sel franc, avec ces notes de noisette et de maquis qui signent un long séchage. Tranché très fin, il devient soyeux ; coupé trop épais, il durcit. Retenez la hiérarchie des textures : le lonzu est le plus sec et le plus sage, la coppa la plus fondante, le prisuttu le plus puissant. Pour choisir vos pièces au comptoir, notre page charcuterie corse à Hyères passe chaque famille en revue.
Le comparatif : gras, affinage, intensité
Le lonzu
Tiré du filet, la partie la plus maigre du cochon. Séché plusieurs semaines, poivré, presque sans gras : une chair fine, droite, facile à aimer. La pièce d’entrée idéale pour un palais qui débute.
La coppa
Taillée dans l’échine, plus persillée que le lonzu. Le gras y dessine des marbrures qui fondent en bouche et portent le parfum. Plus ronde, plus grasse, plus longue en goût : la pièce de milieu de plateau.
Le prisuttu
Le jambon sec de l’île, affiné de longs mois, parfois plus d’un an. Sel franc, notes de noisette et de maquis, chair dense : la pièce la plus puissante, celle qui referme la dégustation.
Comment traduire ce tableau en choix concret ? Tout dépend de vos convives. Pour des débutants ou des enfants, partez sur du lonzu et un peu de saucisson : maigres, doux, sans surprise. Pour des amateurs, ajoutez la coppa persillée et le prisuttu affiné, qui demandent un palais un peu aguerri. Et pour quelqu’un qui n’aime pas le gras, misez sur le lonzu tranché fin et le prisuttu, en écartant la coppa et la panzetta, plus riches. Un plateau réussi, c’est un plateau pensé pour ceux qui vont le manger — pas une vitrine de tout ce que l’île produit.
Quelles quantités prévoir par personne
La hantise de l’hôte, c’est le plateau qui manque — ou qui déborde. La bonne quantité dépend du rôle qu’on lui donne dans le repas. À l’apéritif, quand la charcuterie n’est qu’une bouchée parmi d’autres, 50 à 80 g par personne suffisent. En entrée assise, comptez 80 à 120 g. Et si la planche fait le repas, prévoyez 150 à 200 g par convive, complétés de fromage et de pain. Ce sont des fourchettes d’usage : un groupe d’amateurs mangera davantage qu’une tablée qui grignote.
Côté variétés, tenez-vous à la règle des trois à cinq pièces : au-delà, le plateau devient illisible et les saveurs se confondent. Pour une grande tablée — dix, vingt, trente personnes —, on ne multiplie pas les variétés à l’infini, on augmente les quantités de quelques pièces bien choisies. Pour un repas nombreux à Hyères, jetez un œil à nos formules de repas de groupe.

L’ordre de dégustation, du plus doux au plus puissant
Un plateau de charcuterie se goûte comme on déroule un menu : dans un ordre. Le principe est simple — on va du plus doux au plus puissant, pour ne pas saturer le palais dès la première bouchée. Une pièce corsée mangée en premier écrase tout ce qui suit ; la même en fin de dégustation couronne l’ensemble. Voici le fil conducteur d’une planche corse.
On ouvre par le lonzu. Maigre et fin, il réveille le palais sans le fatiguer. C’est la mise en bouche, la pièce qui donne le ton.
On enchaîne sur la coppa et le saucisson. Le gras entre en scène, la bouche s’arrondit. On monte d’un cran en richesse sans encore chercher la puissance.
On finit par le prisuttu et la panzetta. Les pièces les plus affinées, les plus salées, les plus intenses. Elles referment la dégustation en beauté, quand le palais est prêt à les recevoir.

Épaisseur, température et dressage de la planche
Une même charcuterie peut être sublime ou décevante selon l’épaisseur de la tranche. Les pièces sèches et fines — prisuttu, lonzu — se coupent en tranches presque translucides, qui fondent sur la langue. La coppa se tranche un peu plus généreusement pour laisser parler son gras. Le saucisson, lui, aime les rondelles franches, ni trop fines ni trop épaisses. Trancher chaque pièce à sa juste épaisseur, c’est déjà la moitié du plaisir — d’où l’intérêt de faire couper à la demande plutôt que d’acheter du pré-tranché.
Vient ensuite la température, la faute la plus courante : on ne sert jamais la charcuterie glacée. Comme un fromage, elle se referme au froid. Sortez-la du réfrigérateur vingt à trente minutes avant de servir, le temps que le gras s’assouplisse et que les arômes de maquis s’ouvrent. Seule exception, le figatelli, qui se sert chaud, grillé ou poêlé — jamais cru. Côté présentation, préférez une planche de bois, disposez les pièces séparément pour que les goûts ne se mêlent pas, roulez ou pliez les tranches pour le volume, et laissez de la place : un plateau aéré donne toujours plus envie qu’un plateau surchargé.
Reconnaître une charcuterie vraiment artisanale
Le mot « corse » sur une étiquette ne suffit pas. Beaucoup de charcuteries vendues sous ce nom sont fabriquées à partir de porc importé, séché à la hâte, quand la véritable charcuterie de l’île repose sur un cochon nustrale, race locale élevée en semi-liberté et nourrie de châtaigne et de gland. Les mentions d’origine et les AOP — comme celles qui protègent certaines pièces insulaires — sont vos meilleurs repères pour éviter le « corse » de façade.
L’aspect de la tranche parle aussi. Une belle pièce montre un gras nacré, jamais huileux, une chair aux tons profonds et réguliers, un grain serré signe d’un séchage lent. Une couleur terne, un gras jaune et fondant, une texture trop humide trahissent un produit pressé. Le meilleur conseil reste de demander : chez un artisan de confiance, on vous dira le nom du producteur, la race du cochon, la durée d’affinage. C’est exactement l’esprit de notre épicerie fine corse, où chaque pièce est choisie une à une.

Après le plateau : les restes
Il reste toujours quelques tranches et un bout de pièce entamée. Pas de gâchis : protégez la coupe d’un morceau de gras ou d’un papier, enveloppez d’un linge et rangez au réfrigérateur. Les pièces entières entamées tiennent facilement une à deux semaines ; les tranches fines, déjà à nu, se consomment dans les trois à cinq jours pour garder tout leur fondant.
La conservation est un sujet à part entière — température, emballage, durées, erreurs à éviter — que nous avons détaillé ailleurs. Si vous rapportez des pièces chez vous, tout est expliqué dans notre carnet comment conserver la charcuterie corse.
Ce qu’on nous demande souvent
Venez composer votre plateau
Le plus sûr moyen de réussir un plateau, c’est encore de goûter les pièces avant de choisir. Au Bistrot Napoléon, on vous fait déguster les charcuteries sélectionnées auprès d’artisans corses, on les tranche devant vous et on compose la planche avec vous. Retrouvez tout le rayon de l’île sur notre page charcuterie corse Hyères. Sur place à la carte, ou à emporter à l’épicerie fine attenante : un appel deux heures à l’avance suffit à préparer votre commande, à retirer au comptoir (pas de livraison, pas de service du midi).
Bistrot Napoléon — 14 avenue des Îles d’Or, 83400 Hyères · 09 61 03 23 27
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